Pour financer l’assainissement, la sécurité et la salubrité de ses infrastructures, la commune de N’Djaména applique une nouvelle grille tarifaire. Entre impératifs budgétaires, concertations avec les opérateurs économiques et réalités de terrain, analyse d’une réorganisation des contributions locales.
Par l’arrêté № 103/CVNDJ/DC/2026, signé par le maire Senoussi Hassana Abdoulaye, la Commune de la Ville de N’Djaména officialise les tarifs applicables aux droits de places mensuels et journaliers dans les marchés de référence et de bétail. Cette mesure, entrée en vigueur le 1er avril 2026 à l’issue de la période du Ramadan, s’inscrit dans le cadre du budget primitif de l’exercice 2026 et s’aligne sur les orientations de modernisation des services publics.
Ce réajustement vise une harmonisation fiscale. Pendant plusieurs années, la municipalité a maintenu des tarifs inchangés pour soutenir l’activité économique, impactant l’équilibre budgétaire nécessaire à l’entretien des sites.
Au Marché Central, 25 ans après la fixation du tarif de référence de 2001 établi à 2 500 FCFA/m², la mairie rétablit le taux initial. Lors de la reconstruction du marché, une réduction de 25 % ramenant le mètre carré à 1 875 FCFA avait été accordée pour accompagner les commerçants. Désormais, la tarification varie de 2 500 à 5 000 FCFA/m² par mois pour les boutiques, magasins, hangars et espaces de stockage.
Au Marché à Mil, 9 ans après les dispositions de 2017, la Mairie met fin à l’application du taux unique minimum de 1 200 FCFA/m². Le marché intègre désormais la fourchette réglementaire de 2 500 à 5 000 FCFA/m² afin de répondre aux coûts réels de gestion.
Aux Marchés Cinquantenaire et Al Afia, ces deux sites qui bénéficiaient d’un tarif de 600 FCFA/m² verront leurs contributions évoluer de manière progressive pour s’aligner sur les coûts d’entretien.
Par ailleurs, l’arrêté encadre le reste des perceptions : le droit de place journalier est fixé à 100 FCFA, tandis que les taxes de circulation et d’entrée au foirail pour le bétail s’élèvent à 1 000 FCFA par bœuf et 500 FCFA par mouton. Pour offrir un cadre d’activité adapté aux usagers et aux vendeurs, la mairie face à l’évolution des charges financières observée depuis 2017 a mené des échanges en amont avec les délégués des commerçants. Ce dialogue a permis d’associer l’application des nouveaux tarifs à des engagements précis en matière de prestations urbaines.
Sur le terrain, les dispositions de l’arrêté se mettent en place. Au Marché Central, le recouvrement des redevances s’effectue conformément aux nouvelles règles. En contrepartie, la commune a entamé la prise en compte des demandes des usagers : les voies intérieures du marché ont été dégagées pour faciliter la circulation, la surveillance a été accrue et les opérations d’assainissement ont été renforcées par le déploiement d’une équipe de nettoyage nocturne.
Enfin, pour encadrer la transparence de cette transition, l’arrêté précise que les régisseurs et agents collecteurs chargés de la perception doivent obligatoirement justifier de leur identité par le port d’un badge de service.

