Dans le cadre du Projet de développement territorial et de résilience (ResiTchad), le gouvernement tchadien, avec le soutien financier de la Banque mondiale, vient de finaliser un important programme d’infrastructures. La mise en œuvre des travaux, confiée au Programme alimentaire mondial (PAM), se traduira en juin 2026 par la livraison officielle de 8 écoles entièrement équipées, deux centres de santé, 8 blocs de maternité et 1 bloc chirurgical aux ministères de l’Éducation nationale et de la Santé publique pour la gestion.
Ces réalisations répondent à une demande directe des autorités et des populations locales, confrontées jusqu’alors à une grande précarité matérielle. Conformément aux orientations gouvernementales en matière d’inclusion, l’ensemble des sites construits ou réhabilités intègre des rampes d’accès pour les personnes à mobilité réduite. Les structures bénéficient également d’une autonomie énergétique et hydraulique complète grâce à l’installation de systèmes solaires et de points d’eau fonctionnels.

L’école de Tongori, située à 15 kilomètres d’Adré dans une zone à forte concentration de réfugiés et d’autochtones, illustre ce changement d’ère. Autrefois, les élèves y suivaient les cours en plein air, assis à même le sol à l’ombre des arbres. Le nouveau complexe dispose désormais de 12 salles de classe équipées en tables-bancs, d’un bureau administratif, d’un réfectoire avec cuisine, d’un local de sécurité, de deux blocs de latrines et d’un terrain de football. Plus de 600 élèves y sont attendus dès la rentrée scolaire 2026-2027.
Ce standard de construction s’applique à l’ensemble du programme éducatif mené dans la zone d’intervention du projet. Chaque établissement concerné bénéficie des mêmes commodités : salles de classe modernes, clôtures de sécurité, réfectoires, terrains de sport ainsi que des installations solaires et hydrauliques indépendantes. À 25 kilomètres d’Adré, le projet a ainsi permis la réhabilitation de l’école de Bisket Koro, renforcée par l’ajout de deux classes. À deux kilomètres de là, l’école de Bisket Farida a elle aussi fait l’objet de travaux de mise aux normes, se dotant de six salles de classe, d’un réfectoire, d’une cuisine, terrain des sports, blocs de latrines, système d’équipements solaires.
Sur le plan sanitaire, le programme renforce le maillage du système dans la circonscription. Le centre de santé de Miché, l’une des pièces maîtresses de ce volet, est dimensionné pour desservir environ 23 villages environnants. Il permettra de rapprocher les soins essentiels des populations d’accueil, des déplacés et des femmes enceintes, notamment grâce aux nouveaux blocs de maternité.

Si ces infrastructures transforment le quotidien, la question de leur pérennisation opérationnelle reste entière. Tout en exprimant sa satisfaction face à la qualité du bâti, les directeurs des écoles de Tongori (Helou Hassane), Bisket Farida (Ahidjo Vadandi Salina), attirent l’attention sur le défi de la gestion du personnel. Le fonctionnement initial reposait sur des maîtres communautaires pris en charge par les familles. Pour garantir la pleine efficacité de ce nouveau cadre d’apprentissage, les responsables scolaires sollicitent désormais l’implication de l’État et de ses partenaires afin d’assurer le recrutement, la rémunération et le suivi de ces enseignants.


