À N’Djamena, la hausse brutale des prix de la viande asphyxie le budget des ménages. Entre inflation globale et exportation du bétail, la crise touche de plein fouet les consommateurs. Le panier de la ménagère subit de nouvelles secousses à N’Djamena. Le prix de la viande a connu une hausse marquée ces derniers temps. Cette situation met en grande difficulté le budget alimentaire des foyers tchadiens, déjà éprouvés par une inflation générale galopante.
Le constat est identique dans plusieurs marchés clés de la capitale, notamment au Marché central, au Marché à Mil et au marché de Dembé. Si les bouchers continuent d’exposer leurs produits sur les étals, la clientèle, elle, se fait de plus en plus rare et distante.
Cette baisse d’affluence est particulièrement perceptible depuis le début du mois de Ramadan. Cette période est pourtant traditionnellement caractérisée par une consommation élevée de viande. Le pouvoir d’achat des consommateurs ne suit plus : là où 1 000 FCFA suffisaient autrefois pour acheter une certaine quantité de viande, il faut désormais débourser 1 500 FCFA pour la même portion.
Du côté des vendeurs, plusieurs facteurs permettent d’expliquer cette montée subite des prix. Le coût du bétail sur les marchés a substantiellement augmenté. Cette hausse s’explique en grande partie par l’exportation croissante des animaux vers les pays voisins, ce qui raréfie l’offre locale.
Ousman, un boucher local, témoigne de cette réalité difficile. Selon lui, le prix des animaux sur pied a grimpé en flèche, passant de 125 000 FCFA à parfois plus de 150 000 FCFA par tête.
Cette flambée des prix intervient dans un contexte socio-économique déjà très tendu pour de nombreuses familles tchadiennes. La viande, aliment de base de la cuisine locale, voit son accessibilité diminuer de jour en jour. Une situation critique qui oblige désormais les ménages à repenser totalement l’organisation de leurs repas quotidiens.
Cependant, l’augmentation continue des prix pourrait durablement modifier les habitudes alimentaires dans un pays essentiellement pastoral.

