Le Syndicat des Médecins du Tchad (SYMET) est sorti du silence ce samedi 16 mai 2026. À travers une déclaration officielle, le président de l’organisation syndicale, le Dr Moussa Kalli, a fait le point sur la situation sécuritaire et sociale des professionnels de la santé dans le pays, variant entre soulagement et fermeté face aux autorités.
Le premier sujet abordé par le président du SYMET porte sur le dénouement heureux d’une crise qui secouait le corps médical. Dr Moussa Kalli a tenu à adresser ses sincères remerciements à l’ensemble des médecins tchadiens pour leur formidable élan de solidarité, de mobilisation et de fraternité. Cette cohésion a grandement contribué à la libération du Dr Tisembé Lamsikréo, qui avait été pris en otage par la secte Boko Haram dans les confins du Lac-Tchad.
Au-delà de cette note positive, le ton est rapidement devenu plus revendicatif. Le Dr Moussa Kalli a fermement rappelé au gouvernement que les engagements pris concernant l’harmonisation des primes pour les hôpitaux provinciaux et les Centres Hospitaliers Universitaires (CHU) ne sont toujours pas concrétisé. Le président du syndicat a précisé que ces engagements avaient pourtant conduit, à l’époque, à la suspension des mouvements de grève lancés par le SYMET. Selon lui, ces primes avaient été dûment proposées, analysées et actées lors des conseils d’administration des CHU, et devaient s’accompagner d’un rehaussement budgétaire pour l’exercice 2026.
« Cette situation continue d’alimenter un profond sentiment d’injustice et de démotivation parmi les médecins des provinces et des CHU, qui travaillent souvent dans des conditions particulièrement difficiles », a déploré le leader syndical, tout en rappelant que l’amélioration des conditions d’exercice des médecins avait pourtant été relevée par les plus hautes autorités de l’État.
Un autre point de friction majeur concerne la relève médicale. Le Dr Moussa Kalli a alerté les autorités sur la situation préoccupante des médecins en instance d’intégration à la Fonction publique. Pour le syndicat, ce blocage administratif est incompréhensible dans un contexte où le tissu sanitaire national demeure fortement affaibli et confronté à un déficit criant en ressources humaines qualifiées. Face à ce qu’il qualifie d’inertie, le SYMET lance un avertissement au gouvernement pour que les engagements pris soient exécutés dans un bref délai, dans l’intérêt supérieur du système de santé tchadien.
Le Dr Moussa Kalli a conclu son intervention en prévenant que le syndicat se réserve le droit d’appeler ses militants et militantes à une éventuelle Assemblée Générale en l’absence de réponses claires et rapides à ces préoccupations. Le gouvernement est désormais prévenu : le calme actuel dans les hôpitaux reste précaire.


