Dans la sous-préfecture de Bekan, le Préfet du département de la Nya Pendé, le Colonel Rokoula Rodolphe, a officiellement lancé les travaux du forum de prévention et de gestion des conflits. Cette initiative, portée par l’Association pour la Promotion des Libertés Fondamentales au Tchad (APLFT), s’inscrit dans le cadre du projet NexSud.
Le projet NexSud, dédié à l’amélioration des conditions de vie et de résilience des populations autochtones, réfugiées et retournées au sud du Tchad, déploie une stratégie globale pour renforcer la cohésion sociale et l’autosuffisance des communautés. Financé par l’Agence Française de Développement (AFD) et l’Union Européenne (UE), ce programme est mis en œuvre par un consortium réunissant Caritas Suisse, l’APLFT et l’IHDL. Basé sur l’approche Triple Nexus alliant l’humanitaire, le développement et la paix, le projet intervient dans soixante-cinq villages répartis sur trois provinces.
Dans ces zones géographiques, la forte pression sur les terres agricoles, les pâturages et les points d’eau engendre régulièrement des frictions entre agriculteurs, éleveurs et populations déplacées. C’est pour répondre à ce défi que l’APLFT pilote le volet relatif à la transformation des conflits. L’organisation de ces forums communautaires vise à instaurer un dialogue direct entre les acteurs locaux pour briser les stéréotypes, notamment ceux limitant l’implication des femmes et des jeunes dans les processus décisionnels.
L’ambition de ces rencontres dépasse le simple cadre de la discussion pour aboutir à des outils opérationnels validés par l’ensemble des parties prenantes. Les travaux portent notamment sur l’analyse participative des causes profondes des tensions par canton ainsi que sur l’établissement d’une cartographie consensuelle des couloirs de transhumance. De plus, les participants travaillent à la proposition de sites stratégiques pour l’implantation de puits de la paix.
Lors de son allocution d’ouverture, le Préfet de la Nya Pendé, le Colonel Rokoula Rodolphe, a exhorté les participants, parmi lesquels des chefs traditionnels et des représentants des organisations socio-professionnelles, à faire preuve d’une attention soutenue durant les débats. L’enjeu majeur consiste à transformer ces échanges en engagements concrets pour garantir une cohabitation pacifique et durable dans la province. À l’issue de ces travaux, les organisateurs espèrent non seulement une réduction significative des préjugés intercommunautaires, mais aussi la mise en place d’un cadre de dialogue permanent et sécurisé, capable de désamorcer les crises avant qu’elles ne s’aggravent.
De notre correspondant à Doba, Rimbaibar Bedoumdje Haubert


