De violents affrontements intercommunautaires ont éclaté dans le département de Dar Tama, dans la province du Wadi Fira, opposant des membres des communautés Tama et Zaghawa. Ces violences, survenues dans un contexte déjà fragile, ont fait plusieurs victimes et provoqué une vive inquiétude au sein des populations locales.
Face à la gravité de la situation, les autorités tchadiennes ont dépêché, ce dimanche, une importante délégation gouvernementale et militaire. Conduite par le vice-Premier ministre Limane Mahamat, elle comprend notamment les ministres de la Défense et de la Sécurité, ainsi que de hauts responsables militaires, envoyés pour tenter de rétablir l’ordre et d’apaiser les tensions.
À l’origine des affrontements, un différend lié à l’accès à un point d’eau dans la localité d’Igot, située près du camp de réfugiés d’Iridimi, non loin de Guéréda. Ce conflit a rapidement dégénéré en violences meurtrières, dont le bilan reste incertain : un mort a été officiellement confirmé, mais des sources locales évoquent un nombre de victimes bien plus élevé.
Les conséquences humanitaires commencent déjà à se faire sentir. Plusieurs villages auraient été incendiés, contraignant des familles à fuir leurs habitations. Des dizaines de femmes et d’enfants, majoritairement issus de la communauté Tama, ont été évacués vers Iriba, où ils ont été mis à l’abri temporairement.
Sur le terrain, la tension reste vive. Le marché hebdomadaire de Kounougou est resté fermé et de nombreuses activités commerciales sont paralysées à Guéréda. Les forces de défense et de sécurité ont été renforcées dans la zone, tandis que le délégué général du gouvernement a été acheminé par voie aérienne pour coordonner les opérations.
Les autorités locales appellent à une assistance humanitaire urgente pour répondre aux besoins des populations déplacées. De leur côté, les Nations unies ont restreint les déplacements de leur personnel dans la zone, signe d’une situation toujours volatile, qui nécessite une réponse rapide afin d’éviter toute escalade.


