Trois (3) semaines après le début du conflit au Moyen-Orient, qui perturbe les marchés énergétiques mondiaux, la raffinerie Dangote, un pilier industriel nigérian, a annoncé le lancement de ses exportations de carburants vers plusieurs pays africains. Cette initiative intervient dans un contexte de tensions croissantes sur les chaînes d’approvisionnement, notamment à travers le détroit stratégique d’Ormuz, affecté par les hostilités.
Dans un communiqué publié le dimanche 22 mars 2026, le groupe dirigé par Aliko Dangote a révélé avoir expédié douze cargaisons, totalisant 456 000 tonnes de produits pétroliers, vers des pays tels que la Côte d’Ivoire, le Cameroun, la Tanzanie, le Ghana et le Togo.
Située à l’est de Lagos, la raffinerie dispose d’une capacité de raffinage de 650 000 barils par jour, lui permettant non seulement de satisfaire la demande intérieure nigériane, mais aussi de générer des excédents destinés à l’exportation. Le groupe a déclaré que la raffinerie Dangote devrait renforcer la sécurité énergétique en Afrique de l’Ouest, de l’Est et du Centre.
Un porte-parole du groupe a indiqué que l’escalade des tensions internationales avait été le principal moteur de cette décision stratégique. La hausse rapide des prix du brut et l’augmentation des demandes d’exportation, y compris en dehors du continent, ont précipité cette orientation vers l’exportation.
Bien que le Nigeria soit le premier producteur de pétrole d’Afrique, il subit les conséquences de cette situation. À Lagos, le prix de l’essence a récemment grimpé, passant de 830 nairas à plus de 1 300 nairas le litre, contre seulement 195 nairas au début de l’année 2023. Cette inflation énergétique pèse lourdement sur la population de plus de 230 millions d’habitants.
Au début du conflit, Dangote avait annoncé son intention de privilégier le marché intérieur pour éviter toute pénurie. Cependant, le groupe reconnaît être affecté par les chocs liés à la crise, notamment la hausse des coûts du brut, du transport et des assurances.


