La célébration de l’Aïd el-Kebir, une fête majeure de la communauté musulmane, les préparatifs s’intensifient au Tchad comme ailleurs. Mais cette année, l’enthousiasme habituel est fortement atténué par une réalité économique préoccupante : la flambée des prix des moutons.
Dans plusieurs marchés de la capitale, notamment à Dembé et Taradona, l’équipe de Tribune Échos a observé une ambiance contrastée. Si l’affluence reste perceptible à l’approche de la fête, le pouvoir d’achat des ménages est durement mis à l’épreuve.
Sur les sites de vente, les prix affichés suscitent frustration et inquiétude. « Il faut désormais prévoir entre 60 000 et 70 000 francs CFA pour un petit mouton », confie un client rencontré au marché de Dembé. Une somme jugée excessive, notamment pour les familles modestes désireuses de célébrer dignement cette fête religieuse.
Pour ces ménages, acheter un mouton devient un véritable défi. Entre les dépenses quotidiennes et les exigences liées à l’Aïd, nombreux sont ceux qui peinent à réunir les moyens nécessaires. Certains repartent même les mains vides, contraints d’abandonner ou de revoir leurs attentes à la baisse.
Du côté des commerçants, la situation est tout aussi préoccupante. Malgré la hausse des prix, plusieurs vendeurs évoquent une baisse inhabituelle des ventes. « Les clients se font rares et les négociations n’aboutissent pas facilement », explique un commerçant, inquiet à la veille d’une période pourtant essentielle pour son activité.
Cette conjoncture met en évidence un déséquilibre entre l’offre et la demande. D’un côté, des vendeurs confrontés à des charges élevées ; de l’autre, des acheteurs limités par leurs ressources financières.
À la veille de l’Aïd, l’inquiétude est palpable des deux côtés. Entre espoir de vendre pour les uns et quête de solutions accessibles pour les autres, chacun tente de s’adapter. Mais une chose est sûre : cette année, la fête se prépare dans un contexte économique difficile, loin de l’élan de joie habituel.

