Le Tchad entend redonner au coton ses lettres de noblesse. Lors d’une conférence de presse tenue ce mardi, Dieudonné Djonabaye, président du Conseil provincial du Moyen-Chari, a dévoilé les grandes lignes du projet DEBACO (Développement du Bassin Agricole Cotonnier). Cette initiative ambitieuse marque un tournant stratégique pour l’économie rurale du pays.
Étalé sur quatre ans, le projet DEBACO cible prioritairement les provinces du Moyen-Chari et du Mayo-Kebbi. Son objectif est de doper la production nationale et, surtout, restaurer la confiance des producteurs, socle indispensable de la filière.
« Il est essentiel de redonner aux agriculteurs le goût de cultiver le coton pour que le Tchad retrouve sa place historique parmi les grands producteurs africains », a martelé Dieudonné Djonabaye.
Interrogé sur l’essoufflement de la filière, le président du Conseil provincial a pointé du doigt la concurrence de cultures jugées plus rentables à court terme. Attirés par des gains immédiats, de nombreux paysans s’étaient en effet détournés de l’or blanc au profit du sésame. Loin de vouloir opposer ces deux cultures, le projet DEBACO privilégie une approche inclusive et structurante reposant sur deux piliers : d’une part, la modernisation, par le renforcement des techniques culturales et un appui technique de proximité ; d’autre part, la structuration, via une meilleure organisation de la filière pour garantir un développement agricole équilibré.
Dépassant le stade des simples promesses, Dieudonné Djonabaye a assuré que les préparatifs sont d’ores et déjà bouclés. Une phase pilote sera lancée prochainement pour tester le dispositif sur le terrain avant son déploiement à grande échelle.
Le président a conclu son intervention par un appel ferme à la CotonTchad Société Nouvelle. Pour lui, la réussite de DEBACO repose sur un contrat de confiance renouvelé, passant par le paiement sans délai des récoltes pour sécuriser les revenus des paysans et l’amélioration des conditions de travail pour freiner l’exode vers d’autres secteurs.


