Après l’interdiction visant les deux-roues classiques, les autorités tchadiennes ont étendu cette mesure, le 29 décembre 2025, aux personnes en situation de handicap utilisant des tricycles motorisés pour le transport de marchandises entre N’Djamena et Kousseri, au Cameroun.
Pour le gouvernement, cette décision répond à un impératif de sécurité nationale. Elle vise notamment à renforcer la lutte contre l’infiltration des éléments de Boko Haram et à mieux réguler les flux frontaliers. Toutefois, sur le terrain, cette rigueur sécuritaire se heurte à une réalité sociale précaire.
Pour de nombreux usagers vivant avec un handicap, cette navette commerciale constitue l’unique source de revenus. La suspension de leurs activités a immédiatement déclenché une vague d’incompréhension et de colère.
Pour rappel, le 5 janvier 2026, un sit-in pacifique a été organisé à l’entrée du pont pour contester la mesure. Aussi, en février 2026, de nouveaux rassemblements ont eu lieu, les manifestants réclamant un assouplissement des restrictions pour permettre la survie de leurs foyers.
Malgré la multiplication de ces mouvements de protestation, le trafic reste strictement contrôlé, laissant des centaines de familles dans l’incertitude face à une décision qui paralyse leur autonomie financière.


