Ce vendredi 20 février 2026, le ton est monté d’un cran entre l’exécutif et les syndicalistes. Le ministre de l’Éducation nationale, le Dr Aboubakar Assidick Choroma, et son homologue de la Fonction publique, M. Abdoulaye Mbodou Mbami, ont réagi avec fermeté à la grève déclenchée par la section provinciale de N’Djamena du Syndicat des Enseignants du Tchad (SET).
Le SET provincial réclame l’application sans délai du décret 2850 portant statut particulier du corps des enseignants. Pour le gouvernement, ce débrayage est jugé illégal et fait fi des procédures réglementaires en vigueur. En réponse, l’exécutif a tranché en annonçant l’application stricte de la règle du « service fait ».
« Cette grève ne résultant pas d’un retard de paiement des salaires, les jours de débrayage ne seront pas rémunérés par l’État. La charge salariale incombe désormais à la responsabilité de la section provinciale du SET », ont martelé les deux ministres lors de leur intervention.
Le gouvernement déplore une décision unilatérale alors qu’un processus de dialogue était, selon lui, déjà engagé. En novembre 2025, l’adoption du décret n°2850 avait été présentée comme un signal fort de revalorisation de la fonction enseignante. Un chronogramme consensuel, piloté par une commission paritaire (Éducation, Fonction publique et Finances), devait d’ailleurs rendre ses conclusions d’ici le 3 avril 2026.
« À la surprise générale, la section de N’Djamena a lancé son appel à la grève sans préavis, ignorant les travaux en cours au sein de la commission », regrettent les ministres.
Face à cette impasse qui menace le calendrier scolaire, les autorités ont lancé un appel au bureau national du SET ainsi qu’à la Confédération Indépendante des Syndicats du Tchad (CIST). L’objectif est de privilégier le dialogue pour permettre à la commission de finaliser les négociations dans la sérénité, seul cadre jugé apte à offrir des solutions pérennes aux revendications des enseignants.


