Le rideau tombe sur Laham Nadif. Lancé en 2023, ce projet de coopération entre la France et le Tchad s’est achevé le 26 janvier, laissant derrière lui une architecture solide pour la modernisation de la chaîne de valeur animale à N’Djaména, Abéché, Moundou et Mongo.
Loin des séminaires théoriques en vase clos, 25 jeunes Tchadiens ont été envoyés en immersion totale en France. Répartis dans six lycées agricoles de Bourgogne-Franche-Comté, ils y préparent des BTS en gestion d’entreprise ou transformation agroalimentaire. Les premiers résultats sont sans appel : 100 % de réussite pour la première promotion en fin de première année.
« Ce n’est pas seulement de la formation, c’est un transfert de savoir-faire industriel adapté aux réalités locales », souligne un responsable du projet.
Au-delà de la mobilité internationale, l’impact sur le sol tchadien se chiffre en opportunités concrètes pour les jeunes et les femmes (qui représentent 45 % des bénéficiaires) : 300 professionnels formés (Bouchers, agropasteurs et transformatrices disposent désormais de techniques modernisées) ; 11 fermes-écoles et 4 boucheries-écoles ont été équipées pour servir de pôles d’excellence ; 60 business plans sont déjà prêts à être déployés, dont des projets de coopératives ambitieux.
Le projet ne se contente pas de former des individus ; il structure le secteur. La création du CACOMUT (Cadre de concertation multi-acteurs) garantit que le dialogue entre les éleveurs, les transformateurs et l’État survive à la fin des financements français.
En misant sur la sécurité alimentaire et l’emploi rural, cette initiative illustre une coopération pragmatique, centrée sur la « co-construction ». Reste désormais aux nouveaux diplômés et entrepreneurs à transformer ces acquis en croissance économique durable sur les marchés locaux.


