Ce vendredi 2 janvier, la Place de la Nation a vibré au rythme de la capitale, N’Djaména à l’honneur de la 7ème édition du Festival Dary. En présence de la Déléguée Générale du Gouvernement auprès de la commune, Mme Amina Kodjiana, du Maire Sénoussi Hassana Abdoulaye et du représentant du Sultan, les fils et filles de la cité cosmopolite se sont réunis pour célébrer un patrimoine d’une immense richesse.
N’Djaména, véritable miroir du pays, abrite des populations issues des 23 provinces du Tchad. Cette diversité a été mise en lumière à travers un voyage temporel allant de l’ancien Fort-Lamy à la métropole d’aujourd’hui. Le public, émerveillé, a pu redécouvrir des danses patrimoniales comme le Zezena, le Tchalalaï, l’Albandjadid, l’Algambar ou encore le Tchiki Andalaza. Ces rythmes de réjouissance, hérités des Lamy-Fortains, ont offert une véritable leçon d’histoire à la jeune génération.
Le podium a également servi de théâtre à des scènes quotidiennes chargées de sens. Une démonstration de vente ambulante de lait caillé, une action qui illustre la quiétude et la cohésion sociale qui règnaient dans les quartiers de la capitale. Plus loin, les femmes de Gaoui ont captivé l’assistance par leur maîtrise de la poterie, façonnant jarres, marmites et gobelets selon des techniques ancestrales.
Sous le slogan « celui qui n’a pas d’histoire est un corps sans âme », la présentation a abordé des pans méconnus de la mémoire nationale. Le public a ainsi découvert l’« Empreinte nationale d’obligation », une taxe de 1 000 FCFA imposée autrefois à tous. À l’époque où un taureau coûtait 100 FCFA, cette charge fiscale écrasante équivalant à dix têtes de bétail fut l’un des déclencheurs majeurs des rébellions historiques.
D’autres archives ont suscité l’étonnement, notamment les bulletins de vote des élections de 1914 et les registres d’imposition de la période 1956-1994. Les récits ont rappelé la rigueur de l’époque, où le non-paiement de l’impôt exposait le citoyen à une punition publique sous le soleil de plomb, de l’aube jusqu’à midi.
Cette journée mémorielle aura permis de rappeler que N’Djaména, au-delà de son rôle administratif, reste le cœur battant de l’identité et de l’histoire tchadienne.


