Au cœur de l’effervescence de la 7e édition du Festival Dary, un stand retient particulièrement l’attention; celui de Fort-Lamy. Tenu par l’association des « Lamy-Fortains », cet espace se veut un sanctuaire des richesses du temps jadis. Ici, la vie d’autrefois est exposée comme un miroir tendu à la jeune génération. De passage sur les lieux, nous avons rencontré Mme Hadjé Haoua Gori et Mme Mariam Ramadane Zaïd, gardiennes de cette mémoire collective.
Les deux femmes nous content avec nostalgie une époque où la vie des Lamy-Fortains rimait avec harmonie, solidarité et joie de vivre. Selon elles, aucune distinction de race, d’ethnie ou de religion ne venait entacher les rapports humains. Le respect était alors la règle d’or.
« Nous sommes au Festival Dary pour orienter et conseiller nos enfants. Notre présence vise à renforcer la cohésion sociale, la cohabitation pacifique et le respect mutuel entre tous les fils et filles du Tchad », confient-elles d’une voix unie. Pour ces aînées, la valeur du respect reste cardinale.
En comparant Fort-Lamy à sa version contemporaine, N’Djaména, le constat des deux dames est sans appel. Elles notent une « nette différence » avec la génération actuelle, particulièrement en matière d’éducation de base.
« En notre temps, n’importe quel aîné, peu importe son origine ou sa religion, pouvait corriger un enfant qui fautait. Et aucun parent ne trouvait à y redire », se souviennent-elles. Pour nos interlocuteures, l’identité d’un vrai Lamy-Fortain se reconnaît à travers l’amour du prochain, une solidarité sans faille et un savoir-vivre exemplaire.
Évoquant les mariages extravagants qui séduisent les jeunes filles d’aujourd’hui, les Lamy-Fortaines assurent qu’à leur époque, le rang social n’influençait pas la vie de la cité. Le mariage n’était pas une affaire de gros moyens.
« Nous ne connaissions pas ces histoires de « s’aimer ou se connaître » avant l’union. Chez nous, quand les parents voyaient que leurs enfants étaient adultes, ils se concertaient et décidaient de les marier. L’amour naissait et grandissait au sein du
foyer, tout simplement », soulignent-elles. Une méthode qui, selon elles, permettait de bâtir des familles solides et heureuses, loin des réalités actuelles.
Face à la flambée des coûts du mariage, elles interpellent sans équivoque les autorités administratives, religieuses et coutumières. Leur suggestion consiste de réglementer la dot pour la rendre accessible à tous et instaurer des amendes exemplaires contre les contrevenants. Une proposition forte pour que le mariage redevienne un lien social plutôt qu’un fardeau financier.


