Le Dr Boukar Michel, Ministre des Télécommunications, a présidé ce 16 décembre la cérémonie du lancement des travaux d’un atelier régional à N’Djamena. L’événement, co-organisé par l’Assemblée des Régulateurs des Télécommunications de l’Afrique Centrale (ARTAC) et l’Union Internationale des Télécommunications (UIT), en collaboration avec l’Autorité de Régulation des Télécommunications électroniques et des Postes (ARCEP) du Tchad, est dédié à la cartographie des infrastructures de fibre optique et à la clinique des services financiers numériques (SFN).
Du 15 au 18 décembre, cet atelier réunit des figures importantes des télécommunications, notamment Christian Katende Mukinay, Président exécutif de l’ARTAC, Bernice Edande Otye, Secrétaire permanente de l’ARTAC, Haliki Choua Mahamat, Directeur général de l’ARCEP, et Serge Valery Zongo, représentant de l’UIT, ainsi que de nombreux experts de la sous-région. Ces assises visent à renforcer la connaissance des réseaux pour stimuler l’investissement, optimiser la planification et accélérer la connectivité universelle et l’intégration numérique en Afrique.
Pour Haliki Choua Mahamat, Directeur Général de l’ARCEP, la fibre optique est bien plus qu’un simple câble. « C’est une colonne vertébrale stratégique. Elle relie les territoires, soutient la croissance, rapproche les citoyens et rend possible l’innovation. Là où elle s’installe durablement, l’État gagne en efficacité, l’économie en compétitivité et la jeunesse en perspectives », a-t-il affirmé.
Poursuivant sur la tenue de la Clinique des SFN, M. Haliki Choua Mahamat a souligné le lien indissociable entre les enjeux : « Il n’y a pas de services numériques performants sans infrastructures fiables, pas d’inclusion financière sans connectivité robuste, pas de souveraineté numérique sans réseaux sécurisés. » Il a également rappelé l’urgence de la mise en œuvre effective du Free Roaming au sein de la CEMAC, la qualifiant d’« exigence forte » pour faciliter la mobilité numérique régionale, exhortant les acteurs à transformer les décisions politiques en « bénéfices tangibles pour les citoyens ».
Dans son discours d’ouverture, le Ministre Dr Boukar Michel a abondé dans le sens de l’ARCEP : « Sans infrastructures numériques solides, il n’y a ni intégration régionale, ni inclusion financière, ni souveraineté numérique crédible ». Il a mis en avant la dimension collaborative de cette rencontre, rappelant qu’« aucun pays seul ne peut relever les défis de la connectivité, de la cybersécurité, de la cybercriminalité et de la confiance numérique », et a appelé à une approche concertée et solidaire entre les États africains.
Le Ministre a ensuite abordé la question sensible de l’usage responsable des nouvelles technologies, notamment l’intelligence artificielle. Déplorant certaines dérives observées sur les réseaux sociaux, il a dénoncé des pratiques attentatoires à la dignité des institutions, s’interrogeant publiquement : « Est-il normal que les images des plus hautes autorités soient transformées de la manière la plus dégueulasse possible ? » Tout en reconnaissant l’importance du partage d’information, il a tracé une ligne claire : « Oui pour le partage de l’information sur les réseaux sociaux, mais non à la transformation de l’image de nos plus hautes autorités. »
Cet atelier régional entend ainsi poser les jalons d’une meilleure planification des infrastructures numériques en Afrique centrale, tout en promouvant un écosystème digital responsable, au service de l’intégration régionale et de la confiance numérique.


