À Rumonge, dans le sud-ouest du pays, le coup de filet opéré vendredi contre deux chauffeurs de transport en commun sonne comme un rappel brutal à l’ordre. Jean-Claude Ndayirukiye et Seremani Amisi, tous deux actifs sur les axes les plus fréquentés de la province de Burunga, ont été interpellés puis placés au cachot du commissariat provincial pour avoir exigé des tarifs largement supérieurs aux prix officiels fraîchement fixés par le gouvernement.
Selon des sources policières, Jean-Claude Ndayirukiye aurait imposé 15 000 francs burundais aux passagers en provenance du chef-lieu de la commune Bururi, alors que le tarif réglementaire plafonne à 6 000 francs. Son collègue, Seremani Amisi, se serait quant à lui refusé à transporter des voyageurs en direction de Bujumbura sans qu’ils n’acceptent de payer 15 000 francs pour un trajet officiellement fixé à 7 000 francs. Pris sur le fait, il a été immédiatement appréhendé.
Ironie du calendrier : ces arrestations surviennent à peine 48 heures après une réunion tenue mercredi entre les autorités administratives de Rumonge et les propriétaires de bus, au cours de laquelle les transporteurs avaient promis, la main sur le cœur, de respecter à la lettre les tarifs gouvernementaux.
Ces derniers prévoient notamment :
– Rumonge–Bururi : 6 000 FBu
– Rumonge–Bujumbura : 7 000 FBu
– Rumonge–Nyanza-Lac : 5 500 FBu
Si le carburant circule un peu mieux qu’il y a un mois, plusieurs propriétaires de véhicules soutiennent que l’état très avancé de dégradation des routes alourdit leurs dépenses en réparations, les poussant à « réajuster » officieusement les prix pour rester à flot.
En attendant l’ouverture d’éventuelles poursuites pour non-respect des mesures tarifaires, les deux chauffeurs demeurent en détention. Les autorités annoncent, elles, un renforcement du contrôle dans le secteur du transport en commun, déjà secoué il y a quatre mois par une vague d’arrestations de rabatteurs et de chauffeurs protestataires envoyés dans un cachot près de la frontière rwandaise, dans des conditions décriées.


