La Première ministre Judith Suminwa a tiré la sonnette d’alarme sur la hausse inquiétante des accidents de circulation qui endeuillent Kinshasa et plusieurs provinces du pays. Lors de la 68ᵉ réunion du Conseil des ministres, la cheffe du gouvernement a pointé du doigt une série de drames meurtriers, dont celui survenu le 24 novembre 2025 sur la route de Matadi, près de l’arrêt Gramalic à Ngaliema, où un camion chargé de matériaux concassés a fauché plusieurs vies. Une dizaine de compatriotes ont péri, laissant derrière eux une douleur collective et d’importants dégâts matériels.
Dans son intervention, la Première ministre a présenté les condoléances du gouvernement aux familles frappées par ce drame, tout en rappelant l’urgence d’agir. Elle a instruit le Vice-Premier ministre en charge des Transports et son homologue des Infrastructures de veiller à ce que tous les véhicules engagés dans les services publics soient soumis à un contrôle technique strict, obligatoire et sans complaisance.
Martelant la nécessité d’une vigilance accrue, Judith Suminwa a réaffirmé l’engagement ferme du gouvernement à renforcer la sécurité routière. « La vie des citoyens ne saurait être compromise par des négligences ou des manquements », a-t-elle insisté depuis la Cité de l’Union africaine, appelant chaque acteur, de l’État aux conducteurs, à assumer pleinement ses responsabilités.
Cette directive intervient alors que les autorités de Kinshasa ont récemment lancé leur propre opération de contrôle technique obligatoire, censée garantir la conformité du parc automobile, protéger l’environnement et réduire les risques d’accidents dus aux défaillances mécaniques.
Mais sur le terrain, la réalité contraste avec les intentions affichées. De nombreux observateurs pointent un cocktail explosif mêlant comportements dangereux – vitesse excessive, alcool, stupéfiants, inattention – et infrastructures dégradées : routes en piteux état, signalisation insuffisante, intempéries. Une situation qui décourage même certains propriétaires de véhicules, convaincus que les fonds perçus profitent davantage à des poches privées qu’à l’amélioration réelle des routes ou de la sécurité des usagers.
Alors que les drames se multiplient, l’exécutif se trouve désormais face à une équation urgente : restaurer la confiance, réhabiliter les infrastructures, et imposer un contrôle technique qui ne soit plus un rituel administratif, mais un véritable rempart pour sauver des vies.


