La Première ministre, Judith Suminwa, accompagnée du ministre d’État à la Justice et du ministre des Mines, a séjourné ce vendredi à la Chambre de Commerce, d’Industrie et des Services de Genève (CCIG). Face à un parterre d’opérateurs économiques helvétiques, la délégation congolaise a déroulé les réformes engagées à Kinshasa, tout en appelant à des investissements responsables dans un secteur minier redevenu stratégique.
D’entrée de jeu, la cheffe du Gouvernement a campé le décor : reconstruire une économie locale solide, sécuriser des chaînes d’approvisionnement souvent sous tension, mais surtout rappeler que la richesse du Congo dépasse les minerais. Ressources humaines, forêts, terres arables : un triptyque que Judith Suminwa brandit comme socle d’un partenariat « gagnant-gagnant » avec la Suisse et le reste du monde.
Ses ministres n’ont pas dévié de cette ligne. Traçabilité, transparence, lutte contre la corruption : le ministre des Mines comme celui de la Justice ont détaillé les chantiers en cours pour assainir un secteur longtemps gangrené. Le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a lui insisté sur la nécessité de faire de la traçabilité minière un pilier de paix dans l’Est du pays, tout en assurant que le message congolais « est bien passé ».
Sur la Place genevoise, l’écho a été immédiat. Le Directeur général de la CCIG, Vincent Subilia, a salué une démarche « déterminée » et reconnu que la gouvernance annoncée à Kinshasa pourrait constituer un déclic majeur pour les investisseurs. Même tonalité du côté de la Place financière où Melchior de Muralt a dit percevoir « une énergie nouvelle » et la capacité de Genève à accompagner concrètement la mise en œuvre des réformes congolaises.
Dans la salle, la diaspora congolaise a également donné de la voix. Tshikos Wembitn Thomas, président de l’ONG Le Bon Regard de Genève, a exprimé son optimisme face aux garanties judiciaires et institutionnelles présentées : « C’est rassurant, il faut garder espoir. Les autorités font leur part pour que les choses avancent. »
Entre assurances politiques, promesse de gouvernance et main tendue aux investisseurs, cette rencontre genevoise aura servi de vitrine à une RDC décidée à redessiner son image et à replacer ses richesses au cœur d’une dynamique économique plus transparente et partagée.


