Depuis quelques semaines, les prix du poisson frais s’envolent à N’Djaména. Une situation alarmante que confirment les vendeuses du marché Taradona, dans le 7e arrondissement. La cause principale est la montée du niveau des eaux des fleuves Chari et Logone a directement entamé la productivité des pêcheries locales, bien loin des débits habituels de la saison sèche.
La raréfaction des prises se traduit par une pression à la hausse sur les prix de gros. Le « tas » de poisson frais, qui se négociait auparavant autour de 1000 FCFA, a vu son prix doubler, voire tripler, atteignant désormais 2000 à 3000 FCFA.
À cette diminution de l’offre s’ajoute une explosion des coûts de logistique. Le déplacement des zones de pêche vers des sites plus éloignés impose aux mareyeurs des trajets rallongés de plus de 50 kilomètres et, par conséquent, une consommation de carburant bien supérieure.
Conséquence : la part du transport dans le prix final du poisson est passée de 15 % à près de 25 %. Les commerçants n’ont d’autre choix que de répercuter ces surcoûts sur les consommateurs, alourdissant considérablement le panier alimentaire des ménages urbains, en particulier les plus modestes.
Face à ces fluctuations imprévisibles, une partie des acheteurs se détourne du poisson frais, au profit d’alternatives moins chères comme le poisson séché ou fumé, bien que moins nutritives.
Cette substitution engendre un cercle vicieux : la baisse de la demande pour le produit frais contraint les vendeurs à augmenter encore leurs prix pour maintenir leurs marges, ce qui aggrave l’insécurité alimentaire des populations riveraines qui dépendent fortement de cette source de protéines.


