Le Président du RNDT Le Réveil, Pahimi Padacké Albert, chef de file de l’opposition, ne mâche pas ses mots. Alors que le Chef de l’État, Maréchal Mahamat Idriss Déby Itno, s’apprête à un retour triomphal à N’Djaména, l’ancien Premier ministre dénonce avec virulence ce qu’il qualifie de « folklore coûteux » et d’« autocélébration aux frais du contribuable ».
La pomme de discorde est le résultat de la récente table ronde d’Abou Dhabi pour le Plan National de Développement, « Tchad Connexion 2030 ». L’objectif était de mobiliser 30 milliards de dollars pour financer 268 projets cruciaux. Le Tchad est revenu avec une promesse de financement de 20,5 milliards de dollars. C’est ce chiffre que Pahimi Padacké Albert, fustigeant les « vieux réflexes du parti unique », range dans la case des demi-victoires. Le leader de l’opposition attribue à ce résultat une note sévère : « 6 sur 10 tout au plus ».
Reprenant la métaphore de l’écolier, l’opposant contextualise sa critique : là où un « élève brillant se serait effondré en larmes y voyant un échec à corriger », le « médiocre élève pouvoir/MPS lui, jubile ». Pour lui, la mobilisation des « centaines de millions du trésor public » pour l’accueil du 16 novembre sert à fêter un « succès bien maigre : 20 milliards de dollars de promesses sur 30 espérés ».
En fin de compte, la critique du chef de file de l’opposition vise moins le montant obtenu que la manière dont il est géré et célébré. L’ancien Premier ministre conclut sa charge en affirmant que cette dépense somptuaire pour couronner une « modeste note de 6/10 » est « le parfait miroir de ce Gouvernement à la peine ». Le débat est désormais lancé entre un pouvoir qui voit dans les 20,5 milliards de dollars la preuve de la confiance internationale, et une opposition qui y voit le symbole d’une ambition inachevée et d’une gabegie financière.


