Autrefois, la cuisine incarnait un véritable héritage familial au Tchad. Les jeunes filles, souvent au contact de leurs mères, s’initiaient avec passion aux secrets des recettes traditionnelles, à la préparation des mets locaux et au sens du partage autour du feu. Or, cette tradition semble aujourd’hui s’évanouir progressivement.
Une tradition qui se perd Dans les foyers modernes, une proportion croissante de jeunes femmes se détournent de la cuisine. Entre travail, études, distractions numériques et un changement de mode de vie, la préférence s’oriente désormais vers les repas déjà cuisinés ou les restaurants. Cette tendance, particulièrement visible dans les grandes villes comme N’Djamena, témoigne d’une profonde transformation des habitudes domestiques et sociales.
Conséquences et tensions conjugales
Cette évolution n’est toutefois pas exempte de conséquences. Dans plusieurs ménages, des maris se plaignent de repas mal préparés, ce qui engendre parfois des tensions, voire des conflits conjugaux. « Beaucoup de couples se séparent aujourd’hui pour des raisons qui paraissent banales, mais la cuisine en fait partie », confie une mère de famille du quartier Amriguébé.
Pour d’autres observateurs, cette réalité est surtout le reflet d’un changement de génération. Les jeunes Tchadiennes aspirent à une égalité dans le foyer et rejettent l’idée d’être uniquement jugées sur leur capacité à cuisiner. Le débat est posé, entre tradition et modernité : comment préserver cet art culinaire qui fut longtemps le symbole de la convivialité et du savoir-faire tchadien ?


