Alors que la suspension de l’assistance alimentaire était redoutée pour novembre, le Programme alimentaire mondial (PAM) a finalement réussi à mobiliser les fonds nécessaires pour poursuivre la distribution de vivres jusqu’en mars 2026. Une annonce accueillie avec un profond sentiment de gratitude et de répit dans les camps.
Depuis octobre, la ration mensuelle a même été augmentée de 20 %, couvrant désormais 70 % des besoins alimentaires des réfugiés, contre seulement 50 % depuis le début de l’année. À Nyankanda, dans la commune de Ruyigi, à l’est du pays, la nouvelle a été saluée comme une bénédiction.
« Ces derniers mois, nous vivions dans la peur que l’aide s’arrête. Cela aurait plongé nos familles dans une précarité encore plus sévère », confie Ndagano, un réfugié congolais. « Aujourd’hui, nous sommes très reconnaissants que cette aide soit non seulement maintenue, mais aussi renforcée. »
Mais derrière ce souffle d’espoir, les défis restent nombreux. Les infrastructures sanitaires demeurent insuffisantes, les écoles manquent cruellement de matériel, et les possibilités d’autonomie économique sont quasi inexistantes. « Nous sommes contents pour la nourriture, mais la santé et l’éducation doivent aussi être renforcées », plaide Martha, réfugiée à Nyankanda.
Malgré la réduction des financements internationaux, le Burundi continue d’accueillir plus de 100 000 réfugiés répartis dans six camps et plusieurs zones urbaines, notamment à Bujumbura et Rumonge. La plupart sont originaires de la République démocratique du Congo, fuyant les violences récurrentes à l’Est.Une solidarité tenace, qui, même en période de crise, rappelle la force tranquille de ce petit pays d’accueil.

