Si la concurrence entre les agences a réduit les temps de parcours entre les villes tchadiennes, la réalité du terrain est sombre. Entre surcharge illégale, imprudence des chauffeurs et état des routes, le transport interurbain demeure une loterie dangereuse pour les passagers. La multiplication des agences de transport et la concurrence qui en découle ont incontestablement permis de fluidifier et de réduire les temps de parcours entre les principales villes tchadiennes.
Pourtant, derrière cette apparente modernisation, une sombre réalité persiste : pour une grande majorité des voyageurs, les conditions de transport interurbain demeurent précaires et dangereuses.Certes, le paysage compte des agences modèles qui appliquent des règles strictes et veillent scrupuleusement au confort et à la sécurité de leurs passagers. Mais elles ne représentent pas la norme.
Le quotidien des voyageurs est bien souvent alarmant, comme en témoignent des récits unanimes dénonçant de graves dérives.Au banc des accusés, on retrouve des pratiques qui mettent directement en péril la sécurité des usagers : Les chauffeurs en communication téléphonique permanente durant l’intégralité du trajet, une imprudence criminelle dénoncée par les passagers; la surcharge illégale des véhicules, avec des passagers entassés au-delà de la capacité maximale, occupant même les allées de circulation.
Cette pratique, bien que décriée, devient une contrainte subie par beaucoup, qui se résignent à voyager dans ces conditions de fortune de peur de manquer leur départ.L’accumulation de ces facteurs de surnombre, imprudence des chauffeurs au volant avec un téléphone portable, et l’état notoire de dégradation des axes routiers, constitue un risque majeur et permanent pour la vie des voyageurs tchadiens.
Les récents et trop fréquents accidents meurtriers, notamment sur l’axe vital N’Djaména–Oum’Hadjer–Abéché, mais aussi sur d’autres tronçons, devraient servir de douloureuses leçons. Ils mettent cruellement en lumière l’urgence d’une amélioration radicale des conditions de sécurité dans les transports publics.
Il est impératif que le ministère des Transports et celui de la Sécurité publique unissent leurs efforts pour mettre en place des contrôles rigoureux et inopinés, garantir le respect strict des normes de sécurité et assurer des conditions de voyage dignes et sécurisées aux citoyens. La vie des passagers ne peut plus être la variable d’ajustement des bénéfices de certaines agences. L’État doit agir pour que le voyage interurbain au Tchad redevienne un service essentiel, et non un péril.


