L’administrateur du territoire de Manono, dans la province du Tanganyika, Cyprien Kitanga Kibale, a pris une décision radicale : il interdit désormais à toute personne civile le port et l’utilisation des armes de calibre 12. Longtemps tolérées pour la chasse, ces armes sont aujourd’hui dans le viseur des autorités, accusées d’alimenter l’insécurité qui gangrène la région.
Dans un communiqué officiel consulté ce samedi 25 octobre 2025 par Tribune Échos, le responsable territorial justifie cette mesure par « la recrudescence des vols à main armée, du banditisme et des extorsions » qui ensanglantent Manono. « En un mois, au moins six personnes ont été tuées par des armes calibre 12. Cette arme doit servir à la chasse, mais elle est désormais utilisée pour abattre des personnes », a-t-il déploré, avant de fixer un délai de sept jours à la population pour remettre volontairement ces armes aux autorités.
La décision, bien que saluée par certains habitants, divise. Plusieurs chasseurs et notables coutumiers s’inquiètent de perdre un outil essentiel à leurs activités traditionnelles ou à leur sécurité personnelle. D’autres redoutent une application partielle de la mesure, souvent contournée dans des zones rurales où la présence de l’État reste faible.
Cyprien Kitanga Kibale a toutefois rappelé que seuls le Bureau de l’Environnement et l’Agence nationale de renseignement (ANR) sont habilités à délivrer les autorisations officielles de détention d’armes de chasse. Il a exhorté les services compétents à renforcer les contrôles et à sanctionner sévèrement tout contrevenant.
Dans un territoire déjà marqué par la fragilité sécuritaire et les tensions communautaires, cette interdiction se veut un signal fort. Reste à savoir si, au-delà des mots, la mesure saura désarmer réellement les fauteurs de troubles et ramener la paix dans les villages de Manono – où la peur, elle, continue encore de tirer à balles réelles.


