Six cas de choléra ont été confirmés cette semaine au centre d’isolement de l’hôpital de Rumonge, dans le sud du Burundi, selon des sources médicales. Les malades, originaires principalement de la zone Kizuka, ont été placés en quarantaine. Cette épidémie, liée au manque d’hygiène et à la pénurie d’eau potable, s’ajoute à une série de contaminations enregistrées ces dernières semaines dans les provinces de Burunga et de Bujumbura.
Depuis plusieurs mois, les habitants de Rumonge, Rutumo et Kizuka s’approvisionnent dans les ruisseaux ou directement dans les eaux du lac Tanganyika, des zones reconnues comme foyers potentiels du vibrion cholérique. La propagation régionale inquiète d’autant plus que les échanges autour du lac favorisent la diffusion rapide de la maladie.
La flambée avait d’abord été signalée dans la zone Magara, commune de Muhuta, avant d’atteindre Gihanga, dans la plaine de l’Imbo, où plus de vingt cas ont été recensés depuis début octobre, dont trois décès. Les experts redoutent une propagation plus large dans ces zones côtières densément peuplées.
Face à la crise, les autorités locales et la Croix-Rouge multiplient les actions de prévention – pulvérisation des ménages, sensibilisation à l’hygiène – mais le manque de moyens logistiques et d’eau potable freine toute riposte efficace. Le coût élevé de l’eau, vendu entre 1000 et 2000 francs burundais le bidon de 20 litres, pousse de nombreuses familles à se tourner vers des sources non sécurisées.
Les responsables sanitaires appellent à une intervention urgente des autorités nationales et des partenaires humanitaires. Selon le ministère de la Santé, plus de 1600 cas de choléra ont été enregistrés depuis le début de l’année dans les provinces de Burunga, Bujumbura et dans la capitale économique.


