Les Burundais observent avec attention la récente baisse des taux de change sur le marché noir, mais l’effet concret sur leur pouvoir d’achat reste limité. « Maintenant qu’il y a plus de devises, on s’attendait à voir la différence. Mais pour l’instant, c’est uniquement dans les annonces, pas dans nos poches », déplore une habitante de la capitale.
Les autorités économiques appellent à la patience, assurant que le marché intérieur s’ajustera progressivement. Selon plusieurs sources, cette baisse résulterait de plusieurs facteurs : une forte circulation du franc burundais à la recherche de devises, l’afflux de devises étrangères lié à des événements sportifs internationaux récents, et la libération de dollars détenus illégalement par certains hauts responsables inquiets de la dévaluation de leurs avoirs.
« Certaines autorités ont vidé leurs coffres par crainte d’être exposées. Cela pourrait profiter aux citoyens ordinaires », note un habitant de Bujumbura.
Les économistes précisent que cette baisse n’est pas liée à une amélioration des exportations, toujours en recul, mais à la restriction par la Banque de la République du Burundi (BRB) de l’accès aux devises aux seuls importateurs agréés. Ils recommandent au gouvernement de maintenir la rigueur monétaire afin de consolider la valeur du franc burundais et de stabiliser les prix à la consommation.
Face à la volatilité, plusieurs bureaux de change ont suspendu leurs activités. Le shilling kényan, qui se négociait à 55 000 FBu pour 1 000 KSh la semaine dernière, ne vaut plus que 35 000 FBu. Les opérateurs redoutent une nouvelle flambée si les contrôles se relâchent, laissant le marché dans l’incertitude.


