Quatre nouveaux établissements scolaires fréquentés par des réfugiés burundais ont été fermés cette semaine dans les camps de Nyarugusu et Nduta, dans le nord-ouest de la Tanzanie. Ces fermetures s’ajoutent à une quinzaine d’autres enregistrées le mois dernier, provoquant la colère et la peur parmi les réfugiés, qui y voient une stratégie visant à les pousser à rentrer au Burundi.
Les écoles concernées – Urafiki, Uwezo et Furaha à Nyarugusu, et Undugu à Nduta – accueillaient près de neuf mille élèves. Selon plusieurs témoins, des employés du HCR chargés de l’éducation, accompagnés de responsables administratifs tanzaniens, ont procédé à la fermeture des établissements, affirmant que « les enfants doivent retourner au Burundi pour suivre convenablement leurs études ».
Dans certaines zones du camp, notamment à Nyarugusu, même des églises servant de salles de classe ont été fermées. Les autorités locales invitent désormais les familles à garder leurs enfants à la maison ou à envisager un retour volontaire au Burundi.
Fin septembre déjà, plus de dix établissements, dont quatre écoles secondaires, avaient été fermés dans les camps de la région de Kigoma. Ces décisions sont perçues comme coercitives par les réfugiés, qui accusent le HCR d’impuissance face aux pressions des autorités tanzaniennes.
Les réfugiés lancent désormais un appel aux Nations Unies pour dénoncer ce qu’ils considèrent comme une violation de leurs droits fondamentaux. « Qu’ils fassent ce qu’ils veulent, nombre d’entre nous choisiront de mourir ici », témoigne l’un d’eux, désespéré.
Selon le HCR, plus de 110 000 réfugiés burundais vivent encore en Tanzanie, principalement dans les camps de Nyarugusu et Nduta. La plupart ont fui la crise politique de 2015 au Burundi, déclenchée par la décision controversée de l’ex-président Pierre Nkurunziza de briguer un troisième mandat.


