L’Institut congolais de recherche sur la politique, la gouvernance et la violence (Ebuteli), dans le cadre de son projet Talatala, a organisé les 23 et 24 septembre 2025 sa quatrième édition de l’Hackathon législatif, centrée sur l’interruption volontaire de la grossesse (IVG) en RDC, confrontée à l’interdiction nationale et aux engagements régionaux du protocole de Maputo.
L’objectif principal de cette rencontre était de créer un espace de dialogue structuré pour explorer les initiatives parlementaires susceptibles de promouvoir la mise en œuvre de ce protocole dans le pays. Pendant deux jours, les participants ont examiné les notions clés liées aux droits des femmes et aux conditions légales de recours à l’IVG, dans le but d’établir un consensus.
Trésor Kibangula, coordonnateur des recherches sur la politique à Ebuteli, a souligné que « la question de l’IVG concerne avant tout les femmes. Si une femme estime pouvoir garder sa grossesse, aucune loi ne peut l’y contraindre. Mais la RDC a adhéré au protocole de Maputo, qui permet un avortement sécurisé en cas de viol, d’inceste ou de danger pour la vie de la mère ».
Selon lui, le défi demeure dans l’adaptation des lois nationales pour respecter ces engagements régionaux. À l’issue de l’atelier, les participants ont recommandé un renforcement de la sensibilisation aux droits des femmes et au protocole de Maputo.
Entré en vigueur en RDC depuis 2018, ce protocole, complément à la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, autorise l’avortement médicalisé uniquement en cas d’agression sexuelle, de viol, d’inceste ou lorsque la grossesse menace la santé physique ou mentale de la mère.
Le projet Talatala, lancé en 2024 par Ebuteli, vise à rapprocher les citoyens du processus législatif, leur offrant un cadre pour identifier des défis quotidiens et proposer des solutions concrètes aux parlementaires et aux membres de l’exécutif.
Cette initiative citoyenne s’inscrit ainsi dans une dynamique d’éducation civique et de promotion des droits des femmes en RDC.


