Dans le cadre du nouveau découpage administratif qui réduit le nombre de provinces de 18 à 5 et celui des communes de 119 à 42, le président Évariste Ndayishimiye a lancé l’installation des nouveaux administrateurs communaux, appelant ces derniers à un engagement total envers les citoyens.
À Bujumbura, cinq des onze communes disposent déjà de leurs responsables. Lors de la cérémonie d’installation du nouvel administrateur de la commune Cibitoke, le chef de l’État a rappelé que le service de la population doit primer sur tout intérêt personnel et a averti que tout manquement sera sanctionné.
« Certains, une fois nommés, se détournent de leur mission et privilégient leurs affaires privées. Ceux qui n’aimeront pas leur pays trahiront leurs engagements et devront en répondre », a-t-il déclaré devant les habitants rassemblés.
Éloge Najeneza, nouvel administrateur de Cibitoke, s’est engagé à travailler dans un esprit d’inclusion et à rester proche des citoyens. « Je ne ferai rien sans concertation. Je serai à l’écoute de tous et je servirai chacun sans distinction », a-t-il affirmé. Cependant, plusieurs collines et quartiers, notamment Rugeregere, Munyika, Mparambo, Kagazi, Nyamagana, Rusiga et Karurama, ont exprimé leur mécontentement.
Les habitants dénoncent l’écartement de certains représentants élus au profit de personnes proches du parti au pouvoir ou ayant influencé les listes par des moyens financiers. Ils exigent le rétablissement des véritables élus, insistant sur le respect de la volonté populaire pour garantir la légitimité des autorités locales.
Alors que le président continue de superviser personnellement ces installations, certains observateurs estiment que cette tâche pourrait être déléguée, permettant à l’État de se concentrer sur la gestion stratégique de cette réforme administrative majeure.
Le défi reste de taille : instaurer une gouvernance locale efficace, inclusive et respectueuse des choix citoyens dans un contexte de contestations persistantes.


