Installées à l’origine pour offrir de l’eau potable aux passants et soulager les habitants des quartiers périphériques, les jarres d’eau disposées le long de certaines artères de N’Djamena connaissent aujourd’hui un abandon inquiétant. Faute d’entretien régulier, elles se transforment progressivement en foyers d’insalubrité.
Dans plusieurs endroits, l’eau contenue dans ces jarres dégage une odeur nauséabonde. Certaines sont couvertes de poussière et de boue, d’autres encore servent de dépotoirs improvisés. Pire, la présence d’insectes et de moustiques dans cette eau souillée représente un véritable risque sanitaire pour les populations, notamment en période de recrudescence des maladies hydriques.
Les habitants dénoncent un manque de suivi et craignent que cette initiative, pourtant louable au départ, ne devienne une menace pour la santé publique. « Au lieu de soulager la soif, ces jarres risquent de propager des maladies », confie un riverain excédé.
Face à ce constat alarmant, plusieurs voix s’élèvent pour interpeller les autorités locales et les associations communautaires. Un système d’entretien régulier, voire la désinfection ou le remplacement de ces jarres, apparaît indispensable pour préserver leur utilité première : offrir de l’eau propre et accessible, mais également prévenir certaines maladies telles que la fièvre typhoïde et le choléra.
Sans réaction rapide, ces jarres d’eau risquent de symboliser non pas la solidarité et l’accès à l’eau, mais plutôt l’abandon et les dangers de l’insalubrité dans la capitale.


