Un calme précaire prédomine actuellement dans el-Fasher, capitale du Darfour du nord, seule ville de cet État sous contrôle de l’armée. Des combats intensifs et violents ont eu lieu durant neuf jours consécutifs. Les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) ont visé des points stratégiques dans la cité et ont essayé une nouvelle fois d’avancer sans y arriver. El-Fasher leur tient tête malgré le siège et la faim depuis plus de 16 mois, alors que 300 000 habitants s’y trouvent toujours.
La nouvelle attaque des FSR cherchait à atteindre, cette fois-ci, l’aéroport d’el-Fasher, et le centre régional de la police au Darfour. Un hôpital – le seul toujours en état de fonctionnement dans la ville – a été bombardé, dénonce le réseau des médecins soudanais. Quant à la base de la sixième division de l’armée, elle a été bombardée à l’artillerie lourde. L’attaque a été menée depuis le sud de la ville dans deux directions, est et ouest, mais l’armée affirme avoir repoussé les assaillants.
« Épuration ethnique au Darfour »
Le Réseau des médecins soudanais indique également l’enlèvement de six femmes et de deux fillettes lors d’une attaque, samedi 23 août, contre le camp d’Abou Shouk, non loin de la ville assiégée. Plus de 20 autres personnes sont portées disparues.
L’ONG dénonce la poursuite de une « épuration ethnique au Darfour » exercée par les FSR. Après avoir vidé le camp d’Abou Shouk de ses habitants en tuant des dizaines d’habitants, cet autre camp près d’el-Fasher est visé systématiquement. Malgré les ordres des FSR à leurs membres de ne pas filmer et de ne pas diffuser les images de ces crimes, des dizaines de vidéos montrant ces exactions sont largement disponibles sur les réseaux.
El-Fasher, capitale du Darfour-Nord, est assiégée depuis mai 2024 par les FSR, en guerre depuis le 15 avril 2023 avec l’armée régulière du pays.
Selon cette même ONG, 13 personnes, dont cinq enfants et quatre femmes, ont été tuées sur des bases ethniques par les FSR. Ils fuyaient la ville et étaient à Khazan Qolo, sur la route reliant el-Fasher à Tawila, située plus au nord. Ce camp abrite actuellement des dizaines de milliers de déplacés d’el-Fasher. Ils vivent dans des conditions sanitaires très difficiles. Le niveau de choléra à Tawila est le plus élevé au Soudan.
Avec RFI


