La Fédération des entreprises du Congo (FEC) a interpellé le nouveau ministre de l’Emploi et du Travail, Ferdinand Massamba wa Massamba, afin d’obtenir la suspension de l’application du deuxième palier du Salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG), fixé à 21.500 francs congolais à partir de janvier 2026.
Réunis à Kinshasa lors d’une séance de prise de contact avec l’ANEP, la COPEMECO et la FENAPEC, les représentants du patronat ont exprimé leurs vives inquiétudes face aux conséquences du décret n°25/22 du 30 mai 2025. Selon eux, l’augmentation prévue provoquerait une « hausse exponentielle des masses salariales », particulièrement insoutenable pour les secteurs agro-industriels et pastoraux, qui ne bénéficient d’aucun mécanisme de compensation.
Au nom du secteur privé, Thierry Ngoy, administrateur délégué de la FEC, a dénoncé en outre une « pression fiscale excessive », citant notamment l’impôt professionnel sur les revenus (IPR) appliqué aux manœuvres ordinaires et l’impôt sur les revenus locatifs (IRL) prélevé sur les indemnités de logement. Le patronat plaide pour une réforme fiscale urgente, estimant que l’actuel système pénalise la compétitivité des entreprises.
La FEC appelle également le gouvernement à appliquer les recommandations du Conseil national du travail, dont la 37e session avait suggéré la suspension de certaines charges jugées trop lourdes. En réponse, le ministre Massamba wa Massamba a reconnu le rôle essentiel du secteur privé dans la croissance économique nationale.
Il a invité les organisations patronales à soumettre un mémorandum reprenant l’ensemble de leurs préoccupations et propositions, tout en réaffirmant sa volonté de bâtir « un partenariat sincère et constructif » avec les employeurs. Le ministre a également instruit l’Inspection générale du travail de vulgariser le contenu du décret sur le nouveau SMIG avant toute opération de contrôle.
Yenga Fazili wâ BIREGEYA, Correspondant en Afrique de l’Est et Centrale


