Malgré l’interdiction officielle de fumer dans les lieux publics au Tchad, la situation à N’Djamena reste préoccupante. Dans les marchés, aux arrêts de bus, dans les administrations ou sur les terrasses, la fumée de cigarette s’invite régulièrement dans l’air que respirent tous, y compris ceux qui n’ont jamais touché à une cigarette. Ce phénomène, appelé tabagisme passif, représente un danger réel pour la santé des non-fumeurs et constitue un défi majeur de santé publique.
Le Tchad, signataire depuis 2006 de la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac, interdit formellement l’usage du tabac dans tous les espaces publics intérieurs, certains lieux extérieurs ainsi que dans les transports. La loi prévoit des amendes, voire des peines d’emprisonnement, pour les contrevenants. Toutefois, son application reste limitée, en raison d’un manque de contrôles rigoureux et de moyens suffisants.
Respirer la fumée dégagée par les fumeurs expose les non-fumeurs à de nombreuses substances chimiques, dont certaines sont cancérigènes. Les conséquences sont lourdes : augmentation du risque de cancer du poumon, de maladies cardiovasculaires et de pathologies respiratoires chroniques.
Au-delà de l’impact sanitaire, la fumée de cigarette engendre aussi des nuisances visuelles et environnementales.
Les mégots jetés au sol polluent rues et espaces verts, et une cigarette mal éteinte peut même provoquer des incendies. Pour les non-fumeurs, c’est aussi une question de justice sociale : ils subissent un risque sanitaire sans avoir choisi de fumer, dans des espaces censés être protégés par la loi.
La protection des non-fumeurs ne relève pas seulement de la réglementation, mais d’un impératif sanitaire. Garantir un air sain dans les lieux publics de N’Djamena est essentiel pour prévenir des maladies évitables et améliorer la qualité de vie de tous.


