La Commission nationale de pilotage du programme de Désengagement, Dissociation, Réintégration et Réconciliation (DDRR) des anciens associés de Boko Haram et de l’État islamique en Afrique de l’Ouest a tenu, ce 18 août, à N’Djaména, sa deuxième réunion officielle. Les travaux ont abouti à la validation du plan d’actions de la stratégie nationale, un document qui fixe les priorités pour la mise en œuvre effective du programme.
Confronté depuis plus d’une décennie aux menaces terroristes, à la criminalité transfrontalière et aux crises intercommunautaires, le Tchad, à l’instar des autres pays du bassin du lac Tchad, a lancé le DDRR afin d’établir un mécanisme crédible pour identifier et réintégrer les individus à faible risque. Ce programme vise à freiner le recrutement dans les groupes extrémistes, tout en favorisant la réconciliation communautaire et la réinsertion sociale.
La stratégie nationale ayant été adoptée en avril 2024, le plan d’actions validé fournit désormais une feuille de route claire pour orienter les activités du Secrétariat permanent et de ses démembrements provinciaux, tout en permettant aux partenaires de mieux aligner leur appui.
François Batalingaya, le coordinateur résident du système des Nations unies au Tchad, a souligné l’importance de cette avancée. « Cette rencontre marque une étape importante dans les efforts collectifs pour promouvoir la paix et le développement durable. Dans la province du Lac, on dénombre encore plus de 225 000 déplacés internes victimes directes de l’insécurité.
Pourtant, des signes encourageants existent : environ 4 150 ex-associés de Boko Haram vivent déjà au sein des communautés. Des expériences locales, comme à Bol, montrent qu’une réintégration réussie est possible grâce à l’implication des autorités et de la société civile », a-t-il relevé.
De son côté, le ministre de la Fonction publique et président de la Commission nationale DDRR, Abdoulaye Mbodou Mbami, a salué le dialogue constructif qui a marqué cette réunion. « L’adoption du plan d’actions constitue une étape décisive dans la relance du processus. Ce document guidera désormais l’essentiel de nos interventions et offrira un cadre clair aux partenaires pour accompagner sa mise en œuvre. »
Clôturant les travaux, il a invité l’ensemble des acteurs à rester mobilisés afin de donner aux ex-combattants et aux communautés affectées « une nouvelle chance de vivre ensemble dans la paix et la dignité ».


