L’ancien Président ivoirien Laurent Gbagbo a lancé, ce samedi 16 août 2025 à la place Ficgayo de Yopougon, un avertissement à l’actuel chef de l’État, Alassane Ouattara, en dénonçant toute velléité de briguer un quatrième mandat présidentiel. Devant une foule mobilisée, il a qualifié une telle initiative « d’illégale et d’inacceptable », appelant le peuple ivoirien à la vigilance.
Dans une atmosphère électrique, Gbagbo a pris la parole pour fustiger ce qu’il considère comme une dérive du pouvoir. « Tu veux faire un 4ᵉ mandat ? Je n’accepterai jamais ! Et je demande au peuple de Côte d’Ivoire de ne jamais accepter non plus », a-t-il martelé sous les applaudissements.
L’ancien Président a rappelé que la Constitution limite à deux le nombre de mandats, accusant son successeur d’être déjà engagé dans un troisième qu’il juge « illégal ». Pour lui, la perspective d’un quatrième mandat ouvrirait la voie à une présidence sans fin.
« Et si tu le fais, alors pourquoi pas un 5ᵉ, un 6ᵉ, un 7ᵉ… ? Crois-tu que tu as trouvé tes moutons ici en Côte d’Ivoire ? », a-t-il lancé sur un ton ironique.
Laurent Gbagbo s’est appuyé sur le texte fondamental pour justifier sa position : « La loi dit deux mandats. Et toi, tu veux faire un 4ᵉ mandat illégal alors que tu es déjà en train de réaliser un 3ᵉ mandat illégal. » Il a également interpellé son auditoire : « Allez lui dire : il ne fera pas ce 4ᵉ mandat ! Qui a pu tromper ce monsieur en lui faisant croire qu’il pouvait outrepasser la Constitution ? »
Les réactions de la foule ont été immédiates : chants, acclamations et slogans ont accompagné les propos de l’ancien président, signe d’une adhésion populaire à son message. Pour beaucoup, ce meeting constitue un signal fort du camp de l’opposition face aux intentions prêtées au président Ouattara.
Cette sortie de Gbagbo intervient dans un contexte de crispations politiques croissantes, à l’approche des prochaines échéances électorales. Elle souligne la persistance des débats autour des limites constitutionnelles et de l’alternance au sommet de l’État.


