Le 11 août dernier, le Tchad a célébré le 65ᵉ anniversaire de son indépendance. Une date symbolique qui, au-delà des festivités officielles, invite à un regard lucide sur l’état du pays, notamment sur le plan économique.
Plus de six décennies après son accession à la souveraineté, le Tchad figure toujours parmi les pays les plus pauvres et les plus endettés du monde, malgré d’importantes potentialités. L’économie nationale reste largement tributaire des revenus pétroliers, une dépendance qui l’expose fortement aux variations des cours mondiaux. Or, ces recettes, souvent mal gérées, n’ont pas permis de diversifier l’économie ni de soutenir durablement les secteurs productifs.
La gouvernance constitue l’un des principaux freins au développement. Corruption endémique, détournement des ressources publiques et mauvaise planification ont conduit à un système où une minorité concentre les richesses, laissant plus de 80 % de la population dans une pauvreté extrême.
Le Tchad doit également composer avec un ensemble de handicaps structurels : enclavement géographique, instabilité politique et sécuritaire, conflits armés et manque criant d’infrastructures de base. Routes, chemins de fer, électricité, réseaux de communication… autant d’éléments indispensables à la croissance économique qui restent insuffisants ou inexistants.
Malgré ce tableau sombre, le Tchad dispose d’atouts considérables. Ses ressources en eaux souterraines, son immense cheptel estimé à plus de 94 millions de têtes et ses 39 millions d’hectares de terres cultivables constituent des leviers puissants pour bâtir une économie résiliente et inclusive.
À 65 ans, le Tchad se trouve à la croisée des chemins. Entre stagnation et renaissance, le pays doit engager des réformes profondes en matière de gouvernance, de diversification économique et d’investissement dans les infrastructures pour transformer ses richesses en prospérité partagée.


