Le Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a donné son feu vert à un accord de 48 mois au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC) en faveur du Tchad, d’un montant de 455,65 millions de DTS, soit environ 625 millions de dollars américains (environ 379 milliards de francs CFA), représentant 325 % de la quote-part du pays.
Cette décision stratégique s’inscrit dans un contexte national marqué par des défis économiques, humanitaires et sécuritaires de grande ampleur. Elle permettra un premier décaissement immédiat de 28,04 millions de DTS (soit environ 38,5 millions de dollars, soit près de 23,3 milliards FCFA), destiné à faire face aux pressions urgentes sur la balance des paiements du pays.
Un appui aux ambitions du Plan national de développement 2025–2030
Le nouvel accord s’aligne pleinement sur les priorités du Plan national de développement (PND) 2025–2030 adopté par les autorités. Il repose sur trois piliers fondamentaux :
1. Assurer une politique budgétaire viable, tout en créant un espace pour financer les projets de développement structurants.
2. Accroître les dépenses sociales ciblées, en réponse à la pauvreté généralisée et aux pressions sociales croissantes.
3. Renforcer la gouvernance et améliorer le climat des affaires, afin de favoriser une croissance inclusive et plus résiliente.
Contexte économique difficile
Le Tchad traverse actuellement une période difficile marquée par :
• Une volatilité accrue des prix du pétrole;
• Un afflux massif de réfugiés, notamment soudanais;
• Une insécurité alimentaire persistante;
• Une réduction du soutien extérieur de la part des donateurs;
• Et des restrictions d’accès aux financements internationaux.
Malgré ces obstacles, les autorités ont démontré une volonté forte d’engager des réformes structurelles. Le FMI souligne notamment la fin de la transition politique prévue début 2025 comme une étape clé vers la stabilité.
Des réformes budgétaires et de gouvernance attendues
La mise en œuvre de l’accord FEC implique des réformes budgétaires importantes, telles que :
• La mobilisation accrue des recettes non pétrolières (via la numérisation fiscale, la réduction des exonérations et des hausses ciblées d’impôts);
• La rationalisation des dépenses, notamment celles de la masse salariale;
• Le renforcement de la transparence et de la gestion des finances publiques.
Par ailleurs, le gouvernement s’est engagé à renforcer la gouvernance, notamment dans le secteur pétrolier, avec :
• Un audit des recettes pétrolières;
• L’amélioration du contrôle des entreprises publiques;
• L’extension de l’identification biométrique pour mieux cibler les aides sociales;
• Et la demande d’un diagnostic de gouvernance au FMI.
Un signal fort aux partenaires internationaux
Au-delà de l’appui financier direct, cet accord FEC devrait encourager d’autres partenaires bilatéraux et multilatéraux à renforcer leur soutien au Tchad. Il représente un levier important pour la mise en œuvre des réformes économiques et sociales essentielles au développement durable du pays.


