L’élection présidentielle prévue le 12 octobre 2025 au Cameroun bat déjà un record avec 81 candidatures déposées, selon Elections Cameroon (Elecam). Parmi ces dossiers, 55 sont issus de partis politiques tandis que 26 proviennent de candidats indépendants. Ce chiffre historique traduit une volonté croissante des Camerounais de s’impliquer dans la vie politique, dans un contexte marqué par 42 années de pouvoir du président sortant, Paul Biya.
La scène politique féminine enregistre sept candidatures, dont Eliane Véronique Eboutou (PNACC), Chantale Adélaïde Membouet (UNIVERS), Tomaïno Ndam Njoya (UDC) et quatre indépendantes. Si Geneviève Zeh Amvene revient après une tentative en 2018, les six autres femmes font leur première apparition à cette élection, traduisant un engagement progressif mais encore timide des femmes dans la conquête du pouvoir suprême.
Côté figures majeures, Paul Biya est de nouveau en lice pour un huitième mandat. Il affrontera des visages familiers de l’opposition tels que Maurice Kamto (désormais sous l’étiquette du MANIDEM), Cabral Libii (PCRN), Joshua Osih (SDF), et Serge Espoir Matomba (PURS). Ces candidats reviennent avec des positionnements parfois nouveaux, espérant mieux canaliser l’électorat.
Parmi les nouveaux venus à surveiller, l’ex-ministre Issa Tchiroma Bakary se lance sous les couleurs du FSNC, après avoir quitté l’alliance avec le pouvoir. D’autres, comme Pierre Kwemo (UMS), Célestin Djamen (APAR) ou Vincent Sosthène Fouda (MCPSA), espèrent faire valoir leur crédibilité politique acquise localement ou dans la société civile.
Certaines candidatures indépendantes pourraient aussi bouleverser le jeu électoral. Des personnalités comme Batoua Silas, Aboubakar Kamaldine Bello Yaya ou Hervé Choupo Kamgaing, bien que moins connues du grand public, pourraient capter l’attention si leurs profils sont validés par le Conseil constitutionnel.
Cette élection révèle aussi des fractures internes au sein de plusieurs partis. Des doublons sont signalés au RDPC, à l’UPC, au MANIDEM, au parti UNIVERS et au MPCN, où plusieurs candidats se disputent l’investiture. Ces divisions internes reflètent un affaiblissement de la cohésion politique dans un contexte de défiance croissante vis-à-vis des institutions.
Enfin, cette explosion du nombre de candidatures – 81 en 2025 contre 28 en 2018 – illustre à la fois un réveil démocratique et une crise de structuration politique. Le Conseil électoral devra désormais trier ces dossiers avant de publier la liste officielle des candidats retenus pour la présidentielle du 12 octobre.


