Alors que Kinshasa et Washington peaufinent un accord stratégique mêlant soutien militaire américain et accès aux minerais congolais, la classe politique congolaise ne cache plus ses inquiétudes. L’opposition, en particulier la plateforme Lamuka, fustige un projet jugé déséquilibré, qui pourrait, selon elle, compromettre la souveraineté économique du pays.
prince epenge monte au créneau
« Échanger les ressources minières contre la sécurité est une grave erreur », a alerté Prince Epenge, porte-parole de Lamuka et président de l’ADD-Congo, à la suite de la rencontre entre Félix Tshisekedi et l’émissaire de Donald Trump, Massad Boulos. Dans une intervention sur Radio Okapi, il a dénoncé une manœuvre du pouvoir pour dissimuler son incapacité à réformer l’armée nationale depuis plus de six ans.
Un bradage sous couvert de coopération
Pour Epenge, la démarche de Tshisekedi revient à offrir les richesses minières à une puissance étrangère, sans garanties claires pour la population. Il y voit un « bradage », estimant que l’aide militaire promise reste hypothétique, tandis que les minerais, eux, sont bel et bien épuisables.
Un appel à un partenariat équitable
Lamuka plaide pour une coopération économique fondée sur le principe du gagnant-gagnant, exigeant transparence et rigueur dans la gestion des ressources stratégiques. « Le peuple congolais n’a pas besoin d’un troc douteux, mais d’un leadership capable de défendre ses intérêts », conclut Epenge.
Des intentions sous surveillance
La visite du 3 avril de Massad Boulos à Kinshasa confirme l’intérêt des États-Unis pour un partenariat élargi avec la RDC. Mais pour l’opposition, ce rapprochement cache une tentative d’instrumentalisation des ressources pour masquer un bilan sécuritaire peu reluisant, alors que l’Est du pays reste en proie aux violences armées.
Yenga Fazili wã BIREGEYA, Correspondant en Afrique de l’Est et Centrale