L’administration publique au Tchad fait face à de nombreux défis, dont l’un des plus persistants est le ralentissement des procédures en raison de l’absence d’un chef de service ou d’un responsable. Cette situation engendre des retards considérables, pénalise les usagers et freine le développement du pays. Face à cette réalité, la digitalisation de l’administration apparaît comme une solution incontournable pour fluidifier les processus et garantir une continuité des services.
Dans de nombreux services publics, l’absence d’un chef de service signifie souvent l’arrêt total du traitement des dossiers. Qu’il s’agisse de demandes d’autorisations, de paiements ou de simples validations, l’inexistence d’un système automatisé empêche toute avancée en l’absence du signataire concerné. Ce dysfonctionnement ralentit non seulement les citoyens dans leurs démarches, mais il affecte également le climat des affaires en décourageant les investissements et l’entrepreneuriat.
La mise en place de solutions numériques permettrait d’atténuer ces blocages en offrant plusieurs avantages :
- Automatisation des processus : Avec des plateformes numériques, les demandes peuvent être soumises, traitées et validées électroniquement, réduisant ainsi la dépendance à une seule personne physique.
- Traçabilité et transparence : Un système digitalisé permet de suivre en temps réel l’évolution des dossiers, évitant ainsi leur stagnation due à l’absence d’un responsable.
- Accessibilité 24/7 : Contrairement aux administrations physiques qui fonctionnent selon des horaires fixes, les plateformes en ligne sont accessibles en permanence, facilitant ainsi les démarches administratives.
- Réduction de la corruption : La digitalisation limite les interactions humaines, réduisant ainsi les risques de favoritisme et de pots-de-vin.
Le Tchad a amorcé certaines initiatives de modernisation administrative, notamment à travers l’adoption de plateformes numériques pour certaines démarches comme l’état civil ou la fiscalité. Cependant, ces efforts restent encore limités et doivent être renforcés par une stratégie nationale de digitalisation plus ambitieuse.
Malgré les bénéfices évidents, la digitalisation de l’administration au Tchad se heurte à plusieurs obstacles :
- Manque d’infrastructures numériques : De nombreuses administrations ne disposent pas encore d’outils informatiques adéquats.
- Faible connectivité Internet : L’accès à une connexion fiable reste un défi majeur, notamment en dehors des grandes villes.
- Résistance au changement : La transition vers le numérique nécessite une volonté politique forte et une formation adéquate des agents administratifs.
La digitalisation de l’administration tchadienne est une nécessité pour moderniser les services publics et pallier les blocages causés par l’absence de certains responsables. Toutefois, sa mise en œuvre requiert un engagement politique, des investissements en infrastructures et une sensibilisation des acteurs concernés. Si ces défis sont relevés, le Tchad pourra progressivement bâtir une administration plus efficace, accessible et transparente au service de ses citoyens et de son développement économique.