Le samedi 22 février 2025, la capitale burkinabè, Ouagadougou, a vibré au rythme du cinéma africain avec l’ouverture de la 29ᵉ édition du Festival Panafricain du Cinéma et de la Télévision de Ouagadougou (FESPACO). Cette année, le Tchad est à l’honneur en tant que pays invité et espère décrocher la prestigieuse distinction de l’Etalon d’Or de Yennenga.
Parmi les films en compétition figure Diya, un long-métrage réalisé par Achille Ronaimou. Ce film, qui compte parmi les 18 prétendants à la plus haute récompense du festival, s’attaque à une thématique sociale profonde et sensible : le « prix du sang ». Cette compensation financière expiatoire que doit verser l’auteur d’un homicide à la famille de la victime est une pratique ancrée dans de nombreuses sociétés tchadiennes et à travers le monde.
Cependant, Achille Ronaimou apporte une perspective inédite sur cette tradition. Diya ne se contente pas d’exposer cette pratique ancestrale, mais en dévoile également les dérives, notamment la supercherie, l’arnaque et d’autres manipulations qui en découlent. Lors d’une soirée organisée après le clap de fin du film, le réalisateur a souligné son désir de mettre en lumière ces aspects peu explorés de la question.
Le film bénéficie du soutien du producteur Issa Serge Coelo, une figure incontournable du cinéma tchadien. À l’affiche, on retrouve des acteurs renommés tels que Haïkal Zakaria, connu sous le nom de Colonel Alkanto, et Youssouf Djaoro, qui ont su donner vie aux personnages et transmettre avec intensité les enjeux soulevés par le récit.
Alors que le FESPACO 2025 bat son plein, Diya s’impose comme un sérieux candidat à l’Etalon d’Or de Yennenga. Ce film, qui allie engagement social et audace cinématographique, représente fièrement le Tchad et témoigne de la richesse du septième art africain. Le verdict final est attendu avec impatience par les cinéphiles et les professionnels du secteur.