À Gitega, la couture n’est plus un domaine exclusivement masculin. De plus en plus de femmes et de jeunes filles s’installent derrière les machines à coudre, brisant ainsi les stéréotypes et redéfinissant les codes de la profession.
Autrefois perçue comme un métier exigeant rigueur et précision, la couture était considérée comme un bastion masculin. Aujourd’hui, le vent a tourné : les femmes investissent massivement le marché central et les boutiques de tissus. « Au début, les clients doutaient de mes compétences », confie Jeanne Nahimana, couturière depuis cinq ans. « Mais avec le temps, ils ont vu la qualité de mon travail. Maintenant, j’ai des commandes régulières. »
Ce changement de paradigme s’explique aussi par une transformation du marché. Plus innovantes, les couturières introduisent de nouveaux styles et s’adaptent aux tendances modernes, notamment via les réseaux sociaux. Pourtant, elles font face à des défis majeurs : manque de financements, infrastructures limitées et formation continue insuffisante.
Malgré ces obstacles, cette évolution marque une avancée sociale importante. Les couturières de Gitega, en accédant à une indépendance financière, participent activement au développement de leur communauté et tracent la voie pour une nouvelle génération de créatrices.
Yenga Fazili wã BIREGEYA, Correspondant en Afrique de l’Est et Centrale