Le 31 janvier 2025 marque un tournant historique pour le Tchad et la France : le retrait définitif des troupes françaises de la base Adji Kosseï à N’Djaména. Cette étape conclut un désengagement progressif amorcé avec les fermetures des bases de Faya en décembre 2024 et d’Abéché en janvier 2025.
Ce départ militaire découle de la décision prise le 28 novembre 2024, lors du 66ᵉ anniversaire de la proclamation de la République du Tchad. Le ministre des Affaires étrangères, Abderaman Koulamallah, avait alors annoncé la rupture de l’accord de défense avec la France, affirmant la volonté du pays de repenser ses partenariats stratégiques.
Le président tchadien, Mahamat Idriss Deby, a salué cette transition comme un événement “exceptionnel”, insistant sur le fait qu’il s’agissait de la première dénonciation effective d’un tel accord en 125 ans. Cependant, loin d’être une rupture totale, ce retrait militaire laisse place à une coopération repensée entre les deux nations.
Pour Koulamallah, cette décision ne signifie pas un divorce avec la France, mais plutôt une évolution vers un nouveau type de partenariat, fondé sur le respect mutuel et la souveraineté du Tchad. Le président Deby, lui, exprime la volonté d’établir des alliances équilibrées, en phase avec les aspirations du peuple tchadien.
L’armée française a marqué l’histoire militaire du Tchad à travers plusieurs opérations majeures :
• Opération Manta (1983-1984) : déploiement pour contrer l’intervention libyenne.
• Opération Épervier (1986-2014) : présence militaire durable pour stabiliser le pays.
• Opération Serval (2013) : intervention contre les groupes terroristes au Mali, avec un appui tchadien.
• Opération Barkhane (2014-2025) : lutte contre le terrorisme au Sahel, avec le Tchad comme acteur clé.
Avec ce retrait, le Tchad entend désormais marcher seul et redéfinir son rôle dans la région, en consolidant son autonomie